Balthus, 1937, Therese revant...

Publié le par Ivannoui

Balthus (1908-2001), c'est l'artiste paradoxal du 20ème siècle, quand Picasso fait éclater les normes esthétiques, ou que Matisse fait régner les couleurs...que Duchamp, peintre conscient de ses limites, par l'absurde paralyse la création...lui, reste lié aux maîtres de la première renaissance ou même aux primitifs Italiens, mais en introduisant toute la psychologie, la profondeur et l'ambiguïté du 20ème siècle...ses jeunes filles endormies, font penser aux photographies de Lewis Carroll , elles sont des anges en mutation...sortant du paradis des enfants pour entrer dans le monde des ambiguïtés, de la suggestion, du désir, des envies, de la convoitise...Balthus se fait voyeur de ce passage, il met en relief tous les silences éloquents, tous les non-dits lourds de sens...la sensualité que nous voyons  est en fait une fuite, les jeunes filles ne se livrent pas , mais rêvent, sont parties ailleurs, comme Alice au pays des merveilles, ceux sont des petites aventurières du monde des songes et nous grâce à Balthus on les surprend dans cet état...

 

Balthus, c'est l'autodidacte génial, le chercheur de pureté, le calme de ses couleurs ocres et de ses couleurs de terres ou même de ses palettes plus claires cache une violence prête à éclater...ce qui donne une certaine tension à ses oeuvres, une tension maîtrisée ce qui fait l'équilibre génial de son travail...une oeuvre de Balthus semble douce et sereine au premier regard puis on comprend vite qu'il y a plus derrière tout cela,on est troublé par ce silence, ce calme trop parfait...

 

Il me semble que le futur lui donnera une place très importante dans l'art du 20ème siècle, il sera considéré comme l'un des plus grands peintres de cette période aux cotés d'un Picasso, d'u Matisse ou autres...

 

Il disait l'"Art est un métier". "Depuis longtemps, la notion d'avant garde en peinture ne signifie plus rien. Les faux amateurs d'art, les spéculateurs achètent ce qu'ils ne savent pas déchiffrer, de peur de rater le coche. C'est le grand malentendu de l'art moderne. Ce phénomène a favorisé l'éclosion de la dictature de la non figuration, à laquelle s'opposent les dictatures expressionniste, surréaliste, minimaliste, non moins repoussantes et tout aussi prometteuses de réveils désagréables...Quand je peins, je n'essaie pas de m'exprimer, mais plutôt d'exprimer le monde" disait- il, (à Véronique Prat en février 1998 dans une interview au journal Le Figaro).

 

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