Mon ami Picasso

Publié le par Ivannouissant


Petite visite privilégiée de l'exposition "Picasso et les Maîtres"...impression incroyable d'être dans un univers idéal fait de couleurs et de formes, d'audaces et de génie...
Imaginer un mur accueillant pas plus pas moins qu'un Titien, un Goya (la mujer desnuda !) et un Picasso...que dire devant ça...la crise bancaire semble ne pas exister...rien ne peut avoir de l'importance face à de telles créations...

Les oeuvres de Picasso ne sont pas présentées de façon chronologiques mais par thématiques...il est dommage parfois de ne pas avoir plus de repères, que l'on ne mettent pas un cartel pour expliquer le contexte de telle ou telle création...par exemple, j'ai besoin de toujours connaître l'âge de l'artiste quand il a réalisé telle ou telle oeuvre et pour Picasso c'est essentiel de savoir qu'à 78 il a réalisé des oeuvres à la fraîcheur enfantine...si on passe devant sans réaliser cela, on manque un des traits du génie de cet artiste...

Je ne suis pas sensible à toutes les créations de Picasso...mais je suis sensible à sa démarche artistique, à sa façon de défier le temps, les maîtres...

Quand Picasso revisite l'oeuvre d'un de ses prestigieux prédécesseurs, il ne le fait pas pour lui rendre forcément hommage mais surtout pour décortiquer son processus créatif et créer une oeuvre typiquement Picasso...il dévore chaque peintre avec qui il se confronte...

Picasso n'a aucune personne au dessus de lui..il se sait supérieur, et seul dans sa démarche créative...c'est pour cela qu'il peut s'attaquer aux maitres, pour montrer et démontrer que lui peut faire du neuf avec de l'ancien...transformer du non Picasso en Picasso...

Picasso n'est pas un admirateur, ce n'est pas dans son caractère..par exemple il admet que Matisse est un grand et il le visite, le collectionne, correspond avec lui, mais en même temps il accroche dans son atelier une cible de jeu de fléchettes juste à coté d'un tableau de Matisse et quand le joueur de fléchettes manque la cible et s'attaque involontairement au Matisse, Picasso est ravi...


L'orgueil de Picasso ne peut se satisfaire d'innover, il fallait aussi déconstruire le travail de ses illustres prédécesseurs...pas de tous, uniquement des meilleurs...

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